1974 - 60ème anniversaire de la ligne Cholet - Fontenay (par Chantonnay - Les Herbiers)

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1974 - 60ème anniversaire de la ligne Cholet - Fontenay (par Chantonnay - Les Herbiers)

Message par zibouli le Sam 14 Déc 2013 - 11:22

Je vous propose cet article de presse dont une copie est conservée dans les archives personnelles de M. Yvonick BLANCHARD.
Je ne connais, ni le nom du journal dans lequel il a été publié, ni le nom de son auteur.
En revanche, l'année de parution est sans aucun doute 1974.


Le texte original contient quelques inexactitudes. Néanmoins, c'est bien le libellé original que je vous propose ci-dessous.
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Re: 1974 - 60ème anniversaire de la ligne Cholet - Fontenay (par Chantonnay - Les Herbiers)

Message par zibouli le Sam 14 Déc 2013 - 11:54

Il y a soixante ans était inaugurée la ligne de chemin de fer
Cholet - Fontenay (par Chantonnay - Les Herbiers)
Le premier convoi emmenait des troupes pour le front


La réalisation de la ligne de chemin de fer Cholet - Fontenay-le-Comte fut à cheval sur les deux siècles. Mais si les travaux les plus importants et les plus spectaculaires furent activés de 1900 à 1914, le projet avait mûri pendant trente ans et ses auteurs avaient connu bien des vicissitudes.

Ce projet d'une liaison Cholet - Fontenay, par Chantonnay - Les Herbiers, remonte un peu avant 1870 dans le but de desservir "la riche région de la Vendée". En 1872, le plan était établi et l'administration lançait un appel aux Municipalités intéressées par le tracé de la ligne afin qu'elles votent une subvention pour participer financièrement aux travaux.

Les réponses à cet appel sont assez pittoresques : les édiles de cette époque trouvent des accents dithyrambiques pour louer le projet mais leur enthousiasme est moins grand dès qu'il s'agit de subventions. Dans l'ensemble, on est d'accord pour le sacrifice financier mais son importance est très variable et plusieurs Municipalités posent comme préalable que la gare soit au centre du bourg !

Un projet souvent remanié

On ignorait alors les problèmes de circulation, et comme les vieilles voitures postales, rouges et jaunes, dignes descendantes des diligences, arrêtaient à l'hôtel du Centre, il n'y avait aucune raison de se priver de cette distraction et que le train n'en fasse pas autant.

Le projet fut transformé un première fois, et M. Gouin, l'un des ingénieurs responsables voulut le présenter lui-même aux Municipalités. Ce fut pour le brave homme un pèlerinage délicat au cours duquel il se trouva en butte aux surenchères des communes. Chaque maire, le crayon à la main, bien épaulé par ses conseillers, apportait sa petite modification avec la promesse d'enfler la subvention si on accédait à ses désirs.

Les plus sérieuses réclamations viendront des cantons de Ste-Hermine et de L'Hermenault qui prétendent que le tronçon Chantonnay - St-Etienne-du-Bois favorise le Haut Bocage, et là encore, on parle de subventions ce qui a pour conséquence que l'année suivante, un troisième tracé est envoyé à l'approbation des intéressés. La fin des travaux est prévue pour 1885.

En 1883, l'arrêt des travaux provoque de multiples protestations

Or, en 1883, les travaux sont arrêtés... Il y a des bornes qui disparaissent, d'autres qui sont déplacées, et il y a aussi une question financière qui se pose, la plupart des communes ayant promis de ne verser leurs subventions qu'après l'avance sérieuse des travaux.

Ce retard, on s'en doute, n'est pas du goût des Municipalités qui multiplient leurs protestations à la préfecture. L'une d'elles résume bien toutes les autres :
"Cette suspension de travaux produit le plus mauvais effet sur nos populations agricoles, en tendant à donner créance aux bruits répandus que cette suspension est due à un déficit considérable"
La même protestation appuie sur l'importance de cette ligne (illisible) de l'Ouest.

Ce protestataire appartient au Haut Bocage; il souligne l'importance du sacrifice du département qui a voté une somme de quatre millions (ramenés, il est vrai, à deux millions l'année suivante en 1874), somme considérable pour l'époque, et il demande tout simplement que les travaux acceptés par décret du 24 août 1882 en ce qui concerne le dernier tracé, commence par sa région !

En 1881, les Municipalités ayant à se prononcer sur la ligne à voie étroite Cholet - La Roche craignant que cette réalisation retarde l'autre, font la grève des signatures. Elles en profitent pour attester que l'importance de cette "petite ligne" n'est nullement à comparer avec la "grande" et que le retard des travaux "fait péricliter l'industrie et le commerce".

De nombreuses querelles de clochers

A cette époque, une autre polémique s'élève autour du tronçon Chantonnay - Les Herbiers, (illisible) L'Oie qui fait valoir l'importance de ses foires pour obtenir une station près de sa bourgade, et Rochetrejoux qui met en relief l'exploitation de son sous-sol où la découverte de l'antimoine lui fait entrevoir un avenir des plus prospères et pour lequel une station ferroviaire est indispensable.

La question est tranchée en mettant la gare entre les deux, à Mouchamps. L'Oie s'en console avec la promesse d'un réseau d'intérêt local.

En 1900, les conseillers généraux de Chantonnay, Les Herbiers et Mortagne insistent pour que se terminent rapidement les tronçons Chantonnay - Les Herbiers - Saint Christophe-du-Bois, ce qui leur vaut une vive protestation de leurs collègues de L'Hermenault, de La Châtaigneraie, et du Sud de la Vendée.

Finalement, l'Etat fait un effort et les travaux sont activés. Sur tout le parcours, les équipes sont augmentées et on prévoit que tout sera terminé en 1913.



La gare de Mouchamps, pour mettre d'accord L'Oie et Rochetrejoux


Une ligne de "travaux d'art"

Outre les gares et les "maisonnettes" qui s'incrustrent bien dans le paysage, cette ligne comprend de très beaux ouvrages d'art tels que le viaduc de Coutigny, celui de la Maunerie et surtout celui de Barbin, long de 300 mètres et haut de 38 mètres au-dessus de la Sèvre et les ponts souvent hardis comme celui de Courgeon sur le Lay, etc.

Beaucoup de ces travaux ont été détruits en 1945 par les bombardements. Ce fut le cas pour les viaducs de Coutigny et de Barbin qui furent réparés l'année suivante par des entreprises spécialisées qui n'ont pas caché leur admiration devant ces travaux réalisés un demi-siècle plus tôt.



Le viaduc de Baguenard à Vouvant



Le viaduc de Barbin à Saint-Laurent-sur-Sèvre


L'ouverture de la ligne devait s'accompagner de fêtes grandioses avec réception dans chacune des stations. Or la fin des travaux coïncida avec la menace de la guerre et tout fut décommandé.

Le 30 juillet 1914, des équipes passèrent dans les bourgades, un "dernier rail" symbolique sur l'épaule, faisant arrêt à chaque carrefour et quêtant pour arroser la pose du dernier chaînon du long ruban d'acier courant de Cholet à l'ancienne capitale du Bas-Poitou.

Le lendemain, le préfet de la Vendée et le chef du district de Nantes, accompagnés des ingénieurs et chefs de chantier, accomplissaient le parcours derrière la locomotive fleurie, et sous les applaudissements des populations massées tout au long de la voie.

Cette "bataille du rail" n'est plus qu'un souvenir

Mais l'enthousiasme n'y était pas : de sombres nuages couvraient le pays angoissé. Le 1er août, un convoi de marchandises fit le voyage dans les deux sens, et le 2, les premières troupes montaient vers l'Ouest.
Dès lors, cette ligne si attendue ne connut guère que des convois militaires, recrues montant au front, blessés descendant à l'arrière vers les hôpitaux de fortune, écoles et salles des fêtes, réfugiés en groupes lamentables dispersés à chaque station, troupeaux de ravitaillement, etc.

En 1919, le chemin de fer connut une nouvelle activité avec les industries naissantes du Haut Bocage, le noeud ferroviaire de Chantonnay, la reprise des foires sur tout le parcours et les exploitations des chaux de Saint-Vincent et de l'antimoine à Rochetrejoux. Le trafic des voyageurs était également très intense grâce à des liaisons bien étudiées avec les centres importants de la région. Une activité qui devait aller décroissante avec le règne de l'automobile au point qu'une à une les gares se sont fermées, des tronçons désaffectés, les terrains et les bâtiments vendus.

La ligne Cholet - Fontenay qui avait soulevé autant d'enthousiasme que de polémiques n'aura pas duré un demi-siècle dans son ensemble. Seuls quelques tronçons sont encore en service pour un trafic restreint de marchandises.

Le souvenir nous en est gardé par les ouvrages d'art, toujours debout, les stations transformées en logements, et par ces naïves cartes postales des premières années sur lesquelles on voit les troupeaux au passage des trains.
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Re: 1974 - 60ème anniversaire de la ligne Cholet - Fontenay (par Chantonnay - Les Herbiers)

Message par fa 85 le Lun 16 Déc 2013 - 11:26

Heureux 

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